L’EPPI est une méthode pour effectuer une revue de la littérature systématique. L’acronyme signifie Evidence for Policy and Practice Information, une méthode mise au point par la Social Science Research Unit, Institute of Education de l’University College London.

Le 10 février 2015, Julien Gobeil-Proulx, étudiant au doctorat et Christine Hamel et Anabelle Viau-Guay, professeur à la Faculté des Sciences de l’éducation de l’Université Laval, ont présenté la conférence Réaliser une recension d’écrits systématique par la méthode EPPI.

La méthode fait appel au journal de bord et au logiciel de gestion des références bibliographiques (Mendeley ou Zotero). Voici les étapes qui guident la revue de la littérature systématique selon la méthode EPPI:

  1. Identifier les thèmes et les bases de données: connaitre nos thèmes de recherche est donc primordial!
  2. Déterminer les opérateurs descriptifs (autant que les mots-clés suggérés par l’auteur que les sujets déterminés par la revue): identifier les mots-clés, consulter le thésaurus, en gardant en tête qu’il faut garder un équilibre entre spécificité (qualité) et sensibilité (quantité) des opérateurs descriptifs.
  3. Délimiter le corpus: à l’Université Laval, sur EBSCOhost, on accède à ERIC et Education Source par exemple. En utilisant des opérateurs booléens comme and et or (peut-être aussi  le near ou le *).
    Dans  EBSCOhost, on peut accéder à l’historique de recherche, et on peut ensuite faire des regroupements de recherche.
  4. Exporter et importer les données. D’où l’importance de se créer un compte dans EBSCOhost afin de sauvegarder nos recherches.
  5. Réduire le corpus. En important séparément les recherches dans plus d’une base de données, vous aurez ensuite envie de les regrouper dans un dossier, puis éliminer les doublons.
    Puis de valider que les articles qui semblent moins pertinents ne soient pas inclus dans l’analyse. Il est important de garder des traces qui justifient les exclusions: absence de données empiriques, autre niveau d’enseignement ou pays par exemple. En cas de doute, il est possible de demander un interjuge (dans ce cas-ci, la méthode Huberman et Miles qui a été utilisée – l’article Des avancées en analyse qualitative : pour une transparence et une systématisation des pratiques de Mukamurera, Lacourse et Couturier de l’Université de Sherbrooke pourrait être une lecture intéressante).
  6. On peut ensuite dresser un portrait général (une cartographie) tirée de l’analyse des écrits (descriptive mapping) (utile pour une recension des écrits), on peut aussi vouloir faire une analyse plus fine. C’est là que ça devient intéressant. Voici les différentes synthèse proposée par l’EPPI:
    méta-analyse statistique : compare les résultats statistiques obtenus oar les différentes études
    synthèse empirique : rend compte des résultats de recherches empiriques sous forme structurée et significative.
    synthèse conceptuelle : compare différentes compréhensions d’un concept afin d’en créer une nouvelle.

Il importe d’avoir un portrait global de la récolte. Le produit est un tableau synthèse dans lequel on retrouve, entre autres: l’auteur, l’objet de la recherche, le cadre théorique, la méthode, les résultats, les pistes de recherche – l’ébauche du tableau est d’abord remplie avec les résumés des articles avant d’être peaufinée (parfois, il faut se référer à l’article dans son ensemble pour remplir le tableau). On peut ensuite coder (dans TAMS par exemple). Pour la suite, un article a été soumis et est en cours de révision, il faudra attendre sa parution pour connaitre les résultats de l’analyse.

Les présentateurs insistent, en terminant, sur l’importance de documenter la démarche.

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